Bonjour à tous ceux qui me connaissent et à tous les autres ; Je voulais vous rassurer : je suis toujours vivant ! Après quelques ennuis (de santé) et un déménagement (l'emménagement n'est pas fini, lui), j'ai eu le temps de réinstaller mon ordi. Alors pour me soumettre à la tradition, sans en être dupe : BONNE ANNNEE A TOUS.
Rassurez-vous.... posté le jeudi 13 janvier 2011 17:58
Les lumières du soir (Les marais) posté le samedi 06 novembre 2010 19:08
J'aime - j'aime la douceur des lumières du soir - J'aime la douceur - j'aime mes amantes en allées - Mes rêves fugasses - Souvenirs - images qui tournent et tournent et retournent et vont et viennent - j'aime la douceur, douceur des lumières du soir.
A grands coups de soupirs, la tiédeur transperce de longues langues bistres, êtres et choses - et l'espace se découpe - maigres lignes emboîtées - mais des frôlements se dessinent - mon oeil sait s'engouffrer dans les corsages dégrafés.
Il était une fois une barque plate, engagée sur les eaux et glissant parmi roseaux et saules, courbés sur leurs tristesses molles -
Je t'ai rêvée, icône inconnue, dressée à la proue de mes nuits - je t'ai rêvée dressée - je t'ai rêvée - j'ai rêvé tes gestes précis qui épouillaient ton ventre nu - J'ai vu ton sourire - tes yeux pâles et tes mamelles de louve - larges aréoles aux délicates nuances violettes - grappes lourdes posées sur tes mains comme une offrande parfaite - j'ai vu ton sourire - j'ai vu ton don.
J'ai su ton ventre - replis cachés - j'ai su ton ventre projeté à la face des roseaux - je suis tombé à genoux - je suis tombé face à la lumière - j'ai écarté les roseaux pour te suivre encore mais les marécages m'on enlacé et me voilà.
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Chaque soir de douceur, je reviens - nimbé d'ombre et de lumières - je reviens les soirs de douceur - accompagné de la cohorte criarde des porteurs de souvenirs et d'espoirs - je reviens - multiple et silencieux - j'erre sur les eaux et les brouillards - Froissements du vent sur feuilles et roseaux - je murmure l'histoire de mes amantes en allées - histoire de mes amantes imaginées.
Je suis un frisson du soir - sur la peau des amants inquiets.
L'automne qui ne vient pas. (poémes ?) posté le vendredi 05 novembre 2010 13:55
Dans la poussière, un vieux chagrin se traîne - attendant l'automne - qui ne vient jamais.
Un Targui solitaire, à l'ombre d'un rocher, secoue le sable qui se coule dans les plis de sa misère - Une petite fille au large sourire et aux yeux pétillants, secoue ses longs cheveux noirs puis vient s'asseoir à ses pieds - Voix fluette qui danse dans l'ombre du rocher - Ligne par ligne, elle lit le Talmud avec application - Alors, le Targui solitaire grimpe sur les épaules de sa nouvelle épouse, qui continue imperturbable, et se met à danser, lui aussi, une vieille danse qu'il invente à chaque pas.
La poussière vole - Vient crisser sous les dents d'un promeneur solitaire - qui se jure de mettre fin à tous ses contrats.
Le soleil.
Et l'automne qui ne vient toujours pas.
La fillette accroupie ferme les yeux - Attend que le vent la change en rose des sables.
Le Talmud sonne le glas du temps qui passe.
Le vieux targui se glisse dans la tourmente et disparait dans le jour gris - serrant contre lui une rose des sables nouvelle - qui vient d'éclore à ses genoux.
L'automne n'est pas venu.
Dans la poussière, se traîne un vieux chagrin.
Je voudrais pas crever (de Boris VIAN) (Poémes que j'aime) posté le mercredi 03 novembre 2010 11:17
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignée d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un côté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égoût
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizzares
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plait
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
(l'odeur de la forêt du fer et de l'eau en Ardenne*)
Et les baisers de celle
Que cei que cela
La belle que voilà
Mon ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amèn
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort ---
De Boris VIAN
(Texte plus spécialement dédiée aux lycéens-lycéennes et autres jeunes qui ont "osé" descendre dans la rue tous ces jours-ci)..
* : rajout personnel
FANTÔMES ÎVRES (II) (Poémes de chambre) posté le mardi 19 octobre 2010 12:26
Des vaisseaux fantômatiques
M'ont fait signe
Dans la brume épaisse
Qui mange la vague folle qui voudrait bien
Revenir jusqu'aux rocs
Dressés à l'entrée des mers d'Irlande et du Nord
J'ai entendu des conques gémir
Des sirènes appeler
Mon nom et mes souvenirs
Et j'ai vu leurs longs cheveux blonds
Découvrir leurs seins lourds aux larges aréoles
Mais la brume
Encore et toujours
Un vague roi et une vague reine
Sont montés le long des verges glissantes
Comme d'aimables singes
Puis sont disparus
Dans des rires grandiloquents
Tandis que la brume
Encore et toujours
Mangeait la lune et les ramparts
Des villes sages
Qui bordent le vie calme et tranquille
Puis les vaisseaux fantômatiques
Sont passés
Se sont dissouts
Peu à peu
Et je suis resté seul
Là
Face à la mer probable
Et face à la brume trouble
Et froide.
(In poémes de chambre)






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